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日志


8月30日

AU PAYS DES DES MOTS ET DES MAUX...

                               
                                Une pensée pour Corinne...
 
 
 
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Au pays des mots et des maux naviguent mes pensées au gré de la marée.
Mes maux sont ces tempêtes qui m'emportent au loin.
Mes mots gagnent la rive où j'oublie ma dérive.
De l'enfant à la femme, j'ondule caressante,
Retrouvant en l'écume les joies de mon enfance
Et regardant la vague de mes amours naissants.
Mes mots sont goélands, ils s'envolent vers le large
Et me déposent là au pied de ce rocher,
Où d'Armor en Argoat, je m'en vais jeter l'ancre
Et arrimer ma barque aux souvenirs iodés.
 
 
                                        Corinne SABELLICO
                                            ( 1960 - 2005 )
 
 
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8月27日

APRES TROIS ANS

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Ayant poussé la porte étroite qui chancelle,
Je me suis promené dans le petit jardin
Qu’éclairait doucement le soleil du matin,
Pailletant chaque fleur d’une humide étincelle.
 
 
Rien n’a changé. J’ai tout revu : l’humble tonnelle
De vigne folle avec les chaises de rotin...
Le jet d’eau fait toujours son murmure argentin
Et le vieux tremble sa plainte sempiternelle.
 
 
Les roses comme avant palpitent ; comme avant,
Les grands lys orgueilleux se balancent au vent.
Chaque alouette qui va et vient m’est connue.
 
 
Même j’ai retrouvé debout la Velléda
Dont le plâtre s’écaille au bout de l’avenue,
— Grêle, parmi l’odeur fade du réséda.
 
 
                                              
                                                 VERLAINE
                                               ( 1844 - 1896 )

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     Paul_Verlaine-courbet    VERLAINE, ( 1844 - 1896 ).D'une existence mouvementée, riche en épisodes romanesques, il compose à l'âge de dix-huit ans, le poème " Chanson d'automne " où l'originalité de son écriture est déjà
manifeste.
Sa rencontre avec Arthur RIMBAUD en 1871 l'entraîne, plusieurs années durant, dans une vie orageuse et semée de catastrophes.
La vie commune des deux amis, se termine en 1873, par une dispute particulièrement violente, au cours de laquelle Verlaine tire deux coups de revolver sur Rimbaud, blessant celui-ci au poignet. Sur plainte de Rimbaud, Verlaine est arrêté, puis condamné à deux ans de prison.
À sa sortie de prison, revenu à des convictions catholiques, Verlaine tente en vain de convertir Rimbaud, puis il se laisse reprendre par la vie bohème qui avait été la sienne.
Menant une existence misérable, épuisé par l'alcoolisme, miné par la maladie, il meurt seul dans un dénuement presque absolu.

 

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8月22日

LISE

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J'avais douze ans ; elle en avait bien seize.
Elle était grande, et, moi, j'étais petit.
Pour lui parler le soir plus à mon aise,
Moi, j'attendais que sa mère sortît ;
Puis je venais m'asseoir près de sa chaise
Pour lui parler le soir plus à mon aise.


Que de printemps passés avec leurs fleurs !
Que de feux morts, et que de tombes closes !
Se souvient-on qu'il fut jadis des coeurs ?
Se souvient-on qu'il fut jadis des roses ?
Elle m'aimait. Je l'aimais. Nous étions
Deux purs enfants, deux parfums, deux rayons.


Dieu l'avait faite ange, fée et princesse.
Comme elle était bien plus grande que moi,
Je lui faisais des questions sans cesse
Pour le plaisir de lui dire : Pourquoi ?
Et par moments elle évitait, craintive,
Mon oeil rêveur qui la rendait pensive.


Puis j'étalais mon savoir enfantin,
Mes jeux, la balle et la toupie agile ;
J'étais tout fier d'apprendre le latin ;
Je lui montrais mon Phèdre et mon Virgile ;
Je bravais tout; rien ne me faisait mal ;
Je lui disais : Mon père est général.


Quoiqu'on soit femme, il faut parfois qu'on lise
Dans le latin, qu'on épelle en rêvant ;
Pour lui traduire un verset, à l'église,
Je me penchais sur son livre souvent.
Un ange ouvrait sur nous son aile blanche,
Quand nous étions à vêpres le dimanche.


Elle disait de moi : C'est un enfant !
Je l'appelais mademoiselle Lise.
Pour lui traduire un psaume, bien souvent,
Je me penchais sur son livre à l'église ;
Si bien qu'un jour, vous le vîtes, mon Dieu !
Sa joue en fleur toucha ma lèvre en feu.


Jeunes amours, si vite épanouies,
Vous êtes l'aube et le matin du coeur.
Charmez l'enfant, extases inouïes !
Et quand le soir vient avec la douleur,
Charmez encor nos âmes éblouies,
Jeunes amours, si vite épanouies!

                                           Victor HUGO
                                           ( 1802 - 1885 )
                                         écrit en mai 1848
 

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En 1811, Victor HUGO avait passé le mois d'avril à Bayonne, dans une maison, dont le propriétaire avait une fille" de quatorze ou quinze ans ", et, de retour dans cette ville, le 26 juillet 1843, il écrit à Louis Boulanger que sa mémoire, " après trente années, n'a perdu aucun des traits de cette angélique figure...Elle était blonde et svelte " poursuit-il, " et me paraissait grande. C'était un regard doux et voilé, un profil virgilien, comme on rêve Amaryllis ou la Galatée qui s'enfuit vers les saules " Elle venait jouer avec les enfants Hugo, et, souvent assise sur les marches de la cave, elle lisait un livre à Victor ; par moment, dit-il, " mes yeux se baissaient, mon regard rencontrait son fichu ent'ouvert au-dessous de moi, et je voyais, avec un trouble mêlé d'une fascination étrange, sa gorge ronde et blanche qui s'élevait  et s'abaissait doucement dans l'ombre, vaguement dorée d'un chaud reflet du soleil ", il s'interroge, ému, sur ces amours enfantines : " O époque naïve, et pourtant déjà doucement agitée ! C'est là que j'ai vu poindre dans le coin le plus obscur de mon âme cette première lueur inexprimable, aube divine de l'amour...".

                                                                                     Extrait de notes du livre : VICTOR HUGO

                                                                                                                        Les Contemplations

                                                                                                                          Poésie / Gallimard

 

 

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VICTOR HUGO

 

 

 

 

8月20日

ELLE ETAIT DECHAUSSEE, ELLE ETAIT DECOIFFEE...

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Elle était déchaussée, elle était décoiffée,
Assise, les pieds nus, parmi les joncs penchants ;
Moi qui passais par là, je crus voir une fée,
Et je lui dis : Veux-tu t'en venir dans les champs ?
 
 
Elle me regarda de ce regard suprême
Qui reste à la beauté quand nous en triomphons,
Et je lui dis : Veux-tu, c'est le mois où l'on aime,
Veux-tu nous en aller sous les arbres profonds ?
 
 
Elle essuya ses pieds à l'herbe de la rive ;
Elle me regarda pour la seconde fois,
Et la belle folâtre alors devint pensive.
Oh ! comme les oiseaux chantaient au fond des bois !
 
 
Comme l'eau caressait doucement le rivage !
Je vis venir à moi, dans les grands roseaux verts,
La belle fille heureuse, effarée et sauvage,
Ses cheveux dans ses yeux, et riant au travers.

                                             Victor HUGO

                                             ( 1802 - 1885 )

 

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8月18日

UNE RUELLE DE FLANDRES ... ( Extrait )

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Dans l'enclos d'un jardin gardé par l'innocence
J'ai vu naître vos fleurs avant votre naissance,
Beau jardin, si rempli d'oeillets et de lilas
Que de le regarder on n'était jamais las.

 
En me haussant au mur dans les bras de mon frère
Que de fois j'ai passé mes bras par la barrière
Pour atteindre un rameau de ces calmes séjours
Qui souple s'avançait et s'enfuyait toujours !
Que de fois, suspendus aux frêles palissades,
Nous avons savouré leurs molles embrassades,
Quand nous allions chercher pour le repos du soir
Notre lait à la cense, et longtemps nous asseoir
Sous ces rideaux mouvants qui bordaient la ruelle !
Hélas ! qu'aux plaisirs purs la mémoire est fidèle !
Errant dans les parfums de tous ces arbres verts,
Plongeant nos fronts hardis sous leurs flancs entr'ouverts,
Nous faisions les doux yeux aux roses embaumées
Qui nous le rendaient bien, contentes d'être aimées !
Nos longs chuchotements entendus sans nous voir,
Nos rires étouffés pleins d'audace et d'espoir
Attirèrent un jour le père de famille
Dont l'aspect, tout d'un coup, surmonta la charmille,
Tandis qu'un tronc noueux me barrant le chemin
M'arrêta par la manche et fit saigner ma main.
 
 
Votre père eut pitié... C'était bien votre père !
On l'eût pris pour un roi dans la saison prospère...
Et nous ne partions pas à sa voix sans courroux :
Il nous chassait en vain, l'accent était si doux !
En écoutant souffler nos rapides haleines,
En voyant nos yeux clairs comme l'eau des fontaines,
Il nous jeta des fleurs pour hâter notre essor ;
Et nous d'oser crier : " Nous reviendrons encor ! "
 
                                                 ( ... )
                               
                               Marceline DESBORDES-VALMORE
                                                ( 1786 - 1859 )
 

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" Mme Desbordes-Valmore fut femme, fut toujours femme, et ne fut absolument que femme ; mais elle fut à un degré extraordinaire l’expression poétique de toutes les beautés de la femme... "
                                                                                                      ( Charles Baudelaire )

=====

" L'un des plus grands poètes, je ne dirais pas du XIXe siècle français, mais de tous les temps "

                                                                                                            ( Aragon )

 

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8月17日

VERS LE SOLEIL S'EN VONT ENSEMBLE

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Vers le soleil s'en vont ensemble
Mes pensées, divines soeurs.
Elles chantent ; l'air pâle en tremble
Comme s'il y tombait des fleurs.
 
 
Une s'attarde la dernière,
Tristement, au bord du chemin
D'où monte l'âme du matin
Et la rosée à la lumière.
 
 
Celle-là qui s'évanouit,
Au fond de ses larmes mortelles,
Ne chante pas, mais c'est par elles
Que le soleil l'attire à lui.
 
 
Charles VAN LERBERGHE 
 ( La Chanson d' Eve )
 
( 1801 - 1907 )
 
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Charles VAN LERBERGHE, poète belge, publie ses premiers vers en 1886 dans la revue parisienne " la Pléiade " ...Son premier volume, " Entrevisions" , paru en 1898, lui apporte aussitôt le succès.
 
Reçu docteur en philosophie à Bruxelles, il voyage en Angleterre, en Allemagne et c'est en Italie qu'il commence à écrire  " La Chanson d'Eve ", chef-d'oeuvre qui paraît en 1904.
 
Il meurt à Bruxelles, victime d'une congestion cérébrale, sans avoir pu donner toute la mesure de son talent, qui le place au premier rang des poètes symboliques.
 
 
 
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8月15日

LA ROSE

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Je dirai la rose aux plis gracieux.
La rose est le souffle embaumé des Dieux,
Le plus cher souci des Muses divines.
Je dirai ta gloire, ô charme des yeux,
Ô fleur de Kypris, reine des collines !
Tu t'épanouis entre les beaux doigts
De l'Aube écartant les ombres moroses ;
L'air devient rose, et roses es bois ;
La bouche et le sein des Nymphes sont roses !
Heureuse la vierge aux bras arrondis
Qui dans les halliers humides te cueille !
Heureux le front jeune où tu resplendis !
Heureuse la coupe où nage ta feuille !
Ruisselante encor du flot paternel,
Quand de la mer beue Aphrodite éclose
Etincela nue aux cartés du ciel,
La terre jalouse enfanta la rose ;
Et l'Olympe entier, d'amour transporté,
Salua la fleur avec la Beauté !

               Charles-Marie LECONTE DE LISLE 
                            ( 1818 - 1894 )
 
 
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IL NE M'EST PARIS QUE D'ELSA

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SAINT-CAST: vue du port
 
 
 
 
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( ... )
" Nous habitons un long navire avec un cri de brouillard au fond des siècles
Et la mer à tout moment menace de submerger nos mansardes
Une mer qui n'est nulle part dans les atlas
On l'appelle Mémoire et c'est euphémisme peut-être
Ô reine habillée à la fois de chansons et de larmes
Vous passez d'une pièce à l'autre en frissonnant Madame
Le prétexte invoqué de votre venue est une histoire à dormir debout
Soudain qui vous trouble laissant
Vos gants noirs sur le dos d'un fauteuil
Et vous voilà défaite comme un bouquet de violettes
Auriez-vous par hasard oublié que vous étiez la Mer "
 
( ... )
                                                                        ARAGON
                                                                       ( 1897 - 1982 )
 
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8月13日

UNE CONQUËTE

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Un jeune homme marchait le long du boulevard
Et sans songer à rien, il allait seul et vite,
N'effleurant même pas de son vague regard
Ces filles dont le rire en passant vous invite.
 
Mais un parfum si doux le frappa tout à coup
Qu'il releva les yeux. Une femme divine
Passait. A parler franc, il ne vit que son cou ;
Il était souple et rond sur une taille fine.
 
Il la suivit - pourquoi ? - Pour rien ; ainsi qu'on suit
Un joli pied cambré qui trottine et qui fuit,
Un bout de jupon blanc qui passe et se trémousse.
On suit ; c'est un instinct d'amour qui nous y pousse.
 
Il cherchait son histoire en regardant ses bas.
Élégante ? Beaucoup le sont. - La destinée
L'avait-elle fait naître en haut ou bien en bas ?
Pauvre mais déshonnête, ou sage et fortunée ?
 
Mais comme elle entendait un pas suivre le sien,
Elle se retourna. C'était une merveille.
Il sentit en son coeur naître comme un lien
Et voulut lui parler, sachant bien qu'à l'oreille
 
Est le chemin de l'âme. Ils furent séparés
Par un attroupement au détour d'une rue.
Lorsqu'il eut bien maudit les badauds désoeuvrés
Et qu'il chercha sa dame, elle était disparue.
 
Il ressentit d'abord un véritable ennui,
Puis, comme une âme en peine, erra de place en place,
Se rafraîchit le front aux fontaines Wallace
Et rentra se coucher fort avant dans la nuit.
 
Vous direz qu'il avait l'âme trop ingénue ;
Si l'on ne rêvait point, que ferait-on souvent ?
Mais n'est-il pas charmant, lorsque gémit le vent,
De rêver, près du feu, d'une belle inconnue ?
 
                                                   ( ... )
 
                                                                                                         Guy de MAUPASSANT  ( extrait )
 
 
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UNE CONQUËTE X
8月12日

JOHN PLAYNE

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( suite
 
*******
 
Vite que l'on se presse
Il faut hisser d'abord
Le chalut qui ne cesse
De peser sur le bord.
C'est à quoi l'on travaille
Mais il est tellement
Lourd, il faut maille à maille
Le hâler lentement.
Mais enfin il approche,
À l'aide de palans
Par le fond, on le croche
Un cadavre est dedans.
Et cette épave humaine
Arrachée à la mer
C'est lui, c'est John Playne
Le pêcheur de Kormer
Son bateau sans nul doute
À lui-même livré
Pris de travers en route
Sous voile a chaviré. 
 
 
********
 
 
Ce qui mène à comprendre
Pourquoi comme un mulet
L'ivrogne s'est fait prendre
Dans son propre filet.
À quel horrible fût !
Il est gonflé ce porc !
Et malgré tant d'abus
Il semblait ivre encore.
Achevez la besogne
Pêcheurs il faut rentrer.
Ce misérable ivrogne,
On pourrait l'enterrer.
Hélas, j'aime à le croire
Vous saurez le mettre où
Il ne pourra plus boire
Mais creusez bien le trou !
Ainsi finit John Playne
Pêcheurs la mer est pleine
Allons pêcheurs en mer.
 
 
Jules VERNE
 
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Je n'aime pas trop la fin de ce poème de Jules VERNE " JOHN PLAYNE ", peut-être parce que je vis au bord de la mer, où de notre port partent des bateaux de pêche...et que ces hommes qui affrontent la mer tous les jours en connaissent les dangers, et ne partent pas ivres !
.
Le métier de marin-pêcheur est un rude métier, toujours à la merci d'un changement brutal de temps, d'un accident en mer.
.
Le 23 janvier 2007 un de nos chalutiers le " Manureva " n'est pas rentré, victime d'une déferlante, à environ 400m du port, le bateau se serait brusquement couché, puis retourné.
.
L'opération de sauvetage menée par deux vedettes de la SNSM, trois hélicoptères et un bateau de pêche ne furent pas facilités par une météo très défavorable, des vents de nord-est de 75 kms heure et des creux de plus de 3 mètres.
Sur les quatre hommes à bord un seul fut sauvé
.

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8月11日

JOHN PLAYNE

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 ( suite )
 
*****
 
 
À peine quelques nues
Dans le ciel du matin
Fuyantes et ténues,
Le soleil a bon teint.
Il fera beau. N'empêche
Qu'avec cet affreux temps
Les chaloupes de pêche
Auront eu leur content !
Qu'importe, à la rentrée
Nul ne manque ! On a fait
Une bonne marée !
Donc hurrah ! C'est parfait !
Ah ! Comme l'on oublie
Le danger qui n'est plus !
Aussi chacun rallie
La baie avec le flux,
On force et l'on se hâte
Les voilà bord à bord
C'est comme une régate
  À l'arrivée au port.
 
 
      ******    

Tiens ! Qu'est-ce qui se passe ?
Le premier en avant
Soudain fait volte face
Pour revenir au vent !
Les autres en arrière
Manoeuvrant tour à tour
De la même manière
Sans songer au retour.
Est-ce que par l'orage
Quelque bateau surpris
La nuit a fait naufrage ?
En voit-on les débris ?
Un homme se bloque au large
Là-bas c'est un devoir
Ne fusse qu'une barque
Un canot d'aller voir
On se hâte, on arrive
Un bateau de Kormer
Est-là seul, qui dérive
Chaviré, cul en l'air.

( ... )

.

Jules VERNE

à suivre...

8月9日

JOHN PLAYNE

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( suite )
 
***
 
La baie a deux bons milles
Du port au pied des bancs
Des passes difficiles,
De sinueux rubans !
C'est comme un labyrinthe
Où, même en plein midi,
On ne va pas sans crainte
Eût-on le coeur hardi.
Mais John, c'est son affaire,
Bras vigoureux, oeil sûr,
Il sait ce qu'il faut faire
Et se dirige sur
Le cap que l'on voit poindre
Au pied du vieux fanal
Là le courant est moindre
Qu'à travers le chenal !

 
****

En avant c'est le vide
Vide farouche et noir,
Et sans l'éclair livide
On n'y pourrait rien voir !
Le vent là-haut fait rage
Mais ne tardera pas
Sous le poids de l'orage
A se jeter en bas.
En effet la rafale
Se déchaîne dans l'air
Se rabaisse et s'affale
Presque au ras de la mer,
Mais John a son idée,
C'est de gagner au vent
Rien que d'une bordée
Comme il l'a fait souvent.
 
( ... )
 
Jules VERNE
.
( à suivre )
8月8日

JOHN PLAYNE

 
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* 
 
John Playne on peut l'en croire
Est complètement soûl !
Il n'a cessé de boire
Jusqu'à son dernier sou !
Dam' ! deux heures de stage
Au fond d'un cabaret
En faut-il davantage
Pour absorber son prêt ?
Bah ! Dans une marée
Il le rattrapera
Et brute invétérée
Il recommencera.
D'ailleurs c'est l'habitude
Des pêcheurs de Kormer
Ils font un métier rude !
Allons John Playne en mer !
 
 
**
Le bateau de John Playne
Se grée en étalier
Avec foc et misaine.
Il a nom Saint-Hélier.
Mais que John se dépêche
De retourner à bord !
Les chaloupes de pêche
Sont déjà loin du port !
C'est que la mer est prompte
A descendre à présent !
A peine si l'on compte
Deux heures de jusant !
Donc si John ne se hâte
De partir au plus tôt,
 
( ... )
 
Jules VERNE
 
( à suivre )
8月2日

PLUTUS PREMIER ROI DE FRANCE

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Je me replonge dans Jules Verne, et j'ai choisi comme introduction un extrait d'un poème de Jacques DURAND-DESJEUX, mis en musique par Serge Kerval.

Les Nantais ont de bonnes raisons d'être fiers de leur grand écrivain., et j'aime beaucoup ces trois vers relevés dans ce même poème :

.

" ... C'est pour rimer avec moderne

Qu'on a dit qu'il s'appelait Verne

Son vrai nom était << Poésie >>... "

 
 
 
 
 
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PLUTUS PREMIER ROI DE FRANCE
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Dans l'ancien temps, Plutus, le grand dieu des richesses,
Ne portant ses faveurs qu'aux gens religieux,
Afin de découvrir sans erreur les adresses,
Chose possible alors, avait d'excellents yeux ;
 

Plus tard, se laissant prendre aux trompeuses caresses,
Des hommes criminels, vils et fallacieux,
Plutus devint aveugle : aux hommes odieux
Ainsi qu'aux bons, dès lors, il versa ses largesses ;
 

En France maintenant l'or et l'argent sont rois,
Plutus règne en maître et seul bâtit les lois ;
Sur le trône à son tour il prend rang dans l'histoire :
 
 
Mais depuis qu'il est roi, Plutus se transformant,
N'est certes plus aveugle et voit parfaitement :
Car seuls les méchants ont la fortune et la gloire !
 

Jules VERNE
 
***
 
K26_1Ploutos
 
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Poème extrait du livret " LES INSOLITES DE JULES VERNE "....Ces quelques poèmes sont un régal !
 
 
 
Faune Flore et Animaux 2188