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日志


4月30日

1er MAI

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Bonjour,
 
Je vous souhaite à tous
un agréable
 
1er Mai
 
et
que ces quelques brins de muguet
vous apportent le
le bonheur.
 
Daniela
4月26日

PRINTEMPS

Printemps
 
 
Voici donc les longs jours, lumière, amour, délire !
Voici le printemps ! mars, avril au doux sourire,
Mai fleuri, juin brûlant, tous les beaux mois amis !
Les peupliers, au bord des fleuves endormis,
Se courbent mollement comme de grandes palmes ;
L'oiseau palpite au fond des bois tièdes et calmes ;
Il semble que tout rit, et que les arbres verts
Sont joyeux d'être ensemble et se disent des vers.
Le jour naît couronné d'une aube fraîche et tendre ;
Le soir est plein d'amour ; la nuit, on croit entendre,
A travers l'ombre immense et sous le ciel béni,
Quelque chose d'heureux chanter dans l'infini.
 
 
Victor Hugo  ( 1802 - 1885 )
Recueil : Toute la lyre
 
 
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     citations    "...lorsqu'on jette un regard sur la création, une sorte de musique mystérieuse apparaît sous cette géomérie splendide ; la nature est une symphonie ; tout y est cadence et mesure ; et l'on pourrait presque dire que Dieu a fait le monde en vers."
                                                                                  Victor Hugo
 
***
" C'est une triste chose de penser que la nature parle et que le genre humain n'écoute pas "   Victor Hugo
 
***
 
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4月24日

BARQUE ECHOUEE

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Barque échouée au bord des rivages bretons,
J'ai désappris l'essor de mes jeunes sillages
Et laissé, sur mes flancs, se nouer en festons
Vos scalps souillés d'écume, ô goémons des plages.
 
 
Il ne m'importe plus si d'autres les refont,
Mes croisières d'antan, mes belles odyssées ;
Promise au lent trépas des carènes blessées,
J'abandonne le large à celles qui s'en vont.
 
 
Ni l'aile des courlis que le matin soulève,
Ni l'émoi de la mer sous un vierge soleil
Ne peuvent, dans mon être à la tombe pareil,
Faire sourdre un regret ou tressaillir un rêve.
 
 
Je vois partir mes soeurs à la pointe du jour,
Je les vois revenir aux premières étoiles,
Sans envier le chant que gonflent dans leurs toiles
La fièvre du départ et l'orgueil du retour.
 
 
Anatole LE BRAZ ( 1859 - 1926 )
 
 
 
 
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      Anatole LE BRAZ  Anatole Le Braz, poète breton, chantre de la Bretagne du mystère et de la légende. Il fut aussi romancier, conteur et conférencier, chargé de mission en Suisse et aux Etats-Unis.
 
Anatole Le Braz, avait dans ses vers rêvé d'une mort en Bretagne et c'est à Menton que l'Ankou le cueille le 20 mars 1926.
 
" C'est par un soir de mai que je voudrais mourir.
Les soirs de mai sont beaux ; la terre va fleurir ;
L'air est comme peuplé de voix inentendues,
Et l'on sent Dieu qui passe au fond des étendues.
Dans les lointains, ainsi qu'une paupière d'or,
S'abaisse le couchant sur la mer qui s'endort.
Les nuages, vêtus de gaze aux longues franges,
Glissent, furtifs et doux, et c'est comme un choeur d'anges
Qui des hauteurs du ciel descendrait vous chercher ".
 
Selon ses voeux, Anatole Le Braz, repose dans les Jardins de l'Evêché à Tréguier ( Côtes d'Armor ), rebaptisé " Bois du Poète " en hommage à ce grand artiste.
 
 
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Petite explication pour les non-Bretons :
 
L'Ankou est la personnification de la Mort dans les contes et légendes de Basse-Bretagne.
 
 
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4月22日

TALIPOT

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Ne me demandez plus si je suis français, marocain ou talipot
Je ne serai pas centenaire pour fleurir dans le parc Pamplemousse
Ne me demandez plus pourquoi je n'écris pas en arabe ni comment je suis devenu un palmier
Plus haut que les autres dans une île où les nuages embellissent les montagnes
Je suis et serai le même arbre inquiet aux fruits amers
J'ai cru que l'île me raménerait à la maison
On m'a dit qu'elle me donnerait l'enfance et l'oubli
Jusqu'à laver la peau et la mémoire
Comment vous dire l'amitié brûlée et l'oeil abusé ?
Ne me réclamez plus la soudure fraternelle
Car des remparts se sont écroulés et ma demeure est fragile
J'ai longtemps observé un talipot
Sec et digne
Grand et humle
Ce n'est pas un palmier mais une statue aux racines fines
Je ne serai jamais cette plante que frôlent les nues
Inébranlable
Ni ce moineau au nez jaune qui sautille sur les nénupars immenses
Alors où est ma liberté, moi l'homme au double fardeau ?
Pourquoi écrirai-je sur la solitude des pierres et des coeurs désertés ?
Que dirai-je à ma mère qui pleure mon absence alors que je suis à son chevet ?
Je lui dirai l'île et ses montagnes vertes
Je lui raconterai l'histoire du Morne Brabant et des esclaves qui se jettaient de son sommet
Je dessinerai des visages de toutes les couleurs et des sourires naturels
Je lui dirai : j'ai été là, loin de la maison, pour oublier et guérir la trahison
Pour gagner l'espoir des platanes et la confiance des oiseaux
Pourquoi avoir fait le pélerinage des épices et des chants mêlés ?
Il a fallu marcher pieds nus sur la terre de Maurice
Pour laver la souillure
Sur cette terre j'ai l'ombre légère
Mes pensées ne butent plus contre la paroi de la colère
Je regarde l'océan Indien et j'entends le vent me dire
Ce n'est que la poussière grise de la vie, ne t'arrête pas devant des rats mourants, va, marche
Sur la pierre, regarde l'horizon, sens les parfums de l'île, ne te retourne pas, avale les mots d'amertume,
Tu es talipot, haut dans le ciel
Alors je suis allé à Chamarelle et j'ai ouvert les yeux
Toute cette végétation pour mon désir
Pour m'emplir d'espoir et d'ivresse
Je suis allé dans le domaine du chasseur face à la montagne du Lion
Et j'ai vu la mer, une mousseline de lumière scintillante
J'ai vu le soleil se pencher sur la chevelure touffue des forêts
Et des femmes endormies.
.
 
 
Tahar BEN JELLOUN
 
         Maurice, 5 mai 2001
 
 
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citations
 
 
" La liberté n'est rien si elle ne respire pas dans le corps et l'esprit
de l'homme, de tous les hommes, sans distinction ethnique,
religieuse ou géographique."
 
Tahar Ben Jelloun
 
 
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TAHAR BEN JELLOUN  Tahar BEN  JELLOUN est né à Fès ( Maroc ) en 1944, il y fréquenta l'école primaire franco-marocaine bilingue, puis en 1955, sa famille emménage à Tanger ( Maroc ) où il poursuivit ses études au lycée français Regnault et passa son baccalauréat.
 
Après son baccalauréat, il entreprend des études de philosophie à l'université Mohammed-V de Rabat.
 
En 1966, soupçonné avec 94 autres étudiants d'avoir organisé les manifestations étudiantes et lycéenne du 23 mars 1965, il est envoyé pendant deux ans dans un camp disciplinaire dans l'est du Maroc.
 
Libéré en 1968, il reprend ses études et enseigne dans des lycées à Tétouan et à Casablanca.
 
En  1971, suite à l'arabisation de l'enseignement, il viendra s'installer à Paris pour y suivre des études de sociologie. Son séjour ne devait durer que trois ans, le temps de préparer une thèse de 3ème cycle de psychiatrie sociale, mais rapidement il se met à écrire et...
 
en 1987, il obtient le prix Goncourt pour "La Nuit sacrée" et devient le Marocain le plus connu de France.
 
Ses ouvrages " LEnfant de sable" et "La Nuit sacrée" seront traduits en 43 langues.
                      "Le Racisme expliqué à ma fille" sera traduit en 25 langues.
 
Tahar Ben Jelloun est l'écrivain francophone le plus traduit dans le monde.
 
Le 1er Février 2008 il a reçu des mains du président de la République française, la Croix de Grand officier de la Légion d'honneur.
 
 
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4月21日

VERE NOVO

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Comme le matin rit sur les roses en pleurs !
Oh ! les charmants petits amoureux qu'ont les fleurs !
Ce n'est dans les jasmins, ce n'est dans les pervenches
Qu'un éblouissement de folles ailes blanches
Qui vont, viennent, s'en vont, reviennent, se fermant,
Se rouvrant, dans un vaste et doux frémissement.
O printemps ! quand on songe à toutes les missives
Qui des amants rêveurs vont aux belles pensives,
À ces coeurs confiés au papier, à ce tas
De lettres que le feutre écrit au taffetas,
Aux messages d'amour, d'ivresse et de délire
Qu'on reçoit en avril et qu'en mai l'on déchire,
On croit voir s'envoler, au gré du vent joyeux,
Dans les prés, dans les bois, sur les eaux, dans les cieux,
Et rôder en tous lieux, cherchant partout une âme,
Et courir à la fleur en sortant de la femme,
Les petits morceaux blancs, chassés en tourbillon,
De tous les billets doux, devenus papillons.
 
 
Victor Hugo _ Mai 1831
 
 
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4月17日

HOMMAGE A AIME CESAIRE

 
      Aimé CESAIRE Aimé CESAIRE
                             25 juin 1913 - 17 avril 2008, poète et homme politique français, né à la Martinique,  le chantre de la négritude nous a quitté.
 
 
 
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Cahier d'un retour au pays natal :
 
 
Il me suffirait d'une gorgée de ton lait jiculi pour qu'en toi je découvre toujours à même distance de mirage - mille fois plus natale et dorée d'un soleil que n'entame nul prisme - la terre où tout est libre et fraternel, ma terre.
 
Partir. Mon coeur bruissait de générosités emphatiques. Partir... j'arriverais lisse et jeune dans ce pays mien et je dirais à ce pays dont le limon entre dans la composition de ma chair : "J'ai longtemps erré et je reviens vers la hideur déserté de vos plaies".
 
Je viendrais à ce pays mien et je lui dirais : Embrassez-moi sans crainte... Et si je ne sais que parler, c'est pour vous que je parlerai".
Et je lui dirais encore :
"Ma bouche sera la bouche des malheurs qui n'ont point de bouche, ma voix, la liberté de celles qui s'affaissent au cachot du désespoir."
 
Et venant je me dirais à moi-même :
"Et surtout mon corps aussi bien que mon âme, gardez-vous de vous croiser les bras en l'attitude stérile du  spectateur, car la vie n'est pas un spectacle, car une mer de douleurs n'est pas un proscenium, car un homme qui crie n'est pas un ours qui danse..."
 
                                                                                       Aimé CESAIRE
 
 
 
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"La vérité scientifique a pour signe la cohérence et l'efficacité.
La vérité poétique a pour signe la beauté."
 
Aimé CESAIRE 
 
 
 
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LE FLEUVE AMITIE

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L'amitié est un fleuve
Toujours présente comme les mouettes et goélands
Qui accompagnent les bateaux des pêcheurs et marins
À coups d'ailes de voyages et musiques
À coups de becs de mendiants et prières
 
 
L'amitié est un fleuve
Tout comme les marées basses et hautes
Qui nous quittent avec douceur et constance
Et nous reviennent lentement et fidèlement
À coups de salut et d'au revoir
À coups de bienvenue et d'à la prochaine
 
 
L'amitié est un fleuve
Tout comme les vaguelettes frileuses de la mer
Elle nous amène et berce
Vers de doux rivages sablonneux
Vers les eaux profondes de l'océan
Vers des îles bienheureuses...
 
Guy RANCOURT
 
 
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Guy Rancourt, poète canadien, est né au Québec en 1948. Il y enseigna la philosophie dans divers collèges. Retraité de l'enseignement depuis 2005.
 
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4月10日

LES FLEURS DE CHARTREUSE

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Quand le temps le permet, à la saison des fleurs
Je m'en vais musarder là-bas dans la campagne
Pour admirer les champs aux multiples couleurs
Et les papillons bleus au pied de la montagne
 
  
J'écoute avec bonheur le refrain d'un ruisseau
Ou celui d'un oiseau perché sur une branche
Je vois un écureuil derrière un arbrisseau
Qui montre son museau et soudain se retranche
 
 
Je hume le parfum du beau lis orangé
Qui orne les coteaux près de la dent de Crolles
Du doux coquelicot dans les prés, allongé
De l'élégant muguet aux clochettes frivoles
 
 
Je dirige mes pas vers un vieux portillon
D'où j'aperçois au loin Charmant Som, Chamechaude
Une fleur d'arnica et un gai oisillon
Confondent leur couleur vieil or et émeraude
 
 
Parfois je vais m'asseoir sur un banc vermoulu
L'angélique des prés, creuse, lisse et rameuse
Exalte mon regard tourné vers l'absolu
Distille son parfum et rend mon âme heureuse
 
 
Un beau narcisse blanc de rouge auréolé
Dans un chemin perdu s'offre comme un emblème
Au poète qui part sous un ciel étoilé
Chercher parmi les fleurs les rimes d'un poème
 
 
Plus loin un papillon, joli sphinx colibri
Qui butine les fleurs, tapageur et espiègle
Il puise le nectar et se met à l'abri
Puis s'envole à nouveau, gracieux et allègre
 
 
Cet autre est renommé pour sa placidité
D'une sérénité qui lui est coutumière
Il s'étire au soleil avec timidité
C'est le bel Apollon, Dieu grec de la lumière
 
 
Là c'est un scarabée de nacre recouvert
Ses couleurs reflètent les liqueurs de chartreuse
Le breuvage divin, élixir jaune et vert
À la douce flaveur suave et capiteuse
 
 
Voici qu'émerge enfin le lis blanc somptueux
Symbole de beauté et de délicatesse
Lis au parfum subtil, au nom majestueux
Qui évoque à la fois pureté et noblesse
 
 
Là-haut c'est le grand duc qui plane dans le vent
Pour sa belle duchesse il tournoie et il chante
La nature est bien là et j'y reviens souvent
Car en toutes saisons la Chartreuse m'enchante       
 
 
Marcel FAKHOURY
 
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4月8日

SONNET

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Mon âme a son secret, ma vie a son mystère,
Un amour éternel en un moment conçu :
Le mal est sans espoir, aussi j'ai dû le taire,
Et celle qui l'a fait n'en a jamais rien su.
 
 
Hélas! J'aurai passé près d'elle inaperçu,
Toujours à ses côtés, et pourtant solitaire ;
Et j'aurai jusqu'au bout fait mon temps sur la terre,
N'osant rien demander et n'ayant rien reçu.
 
 
Pour elle, quoique Dieu l'ait faite douce et tendre,
Elle suit son chemin distraite et sans entendre
Ce murmure d'amour élevé sur ses pas.
 
 
A l'austère devoir pieusement fidèle,
Elle dira, lisant ces vers tout remplis d'elle :
" Quelle est donc cette femme ? " et ne comprendra pas.
 
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                                                                            Recueil : Mes heures perdues
 
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Félix Arvers fut l'auteur de nombreuses pièces de théâtre qui connurent le succès, il ne doit sa célébrité qu'au recueil de poèmes  Mes heures perdues ( 1833 ) où se trouve ce sonnet "Mon âme a son secret, ma vie a son mystère" écrit en hommage à Marie Ménessier, la fille de Charles Nodier.
 
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4月5日

AUX ARBRES

Victor HUGO _ L'arbre
 
Arbres de la forêt, vous connaissez mon âme!
Au gré des envieux, la foule loue et blâme ;
Vous me connaissez, vous! _ vous m'avez vu souvent,
Seul dans vos profondeurs, regardant et rêvant.
Vous le savez, la pierre où court un scarabée,
Une humble goutte d'eau de fleur en fleur tombée,
Un nuage, un oiseau, m'occupent tout un jour.
La contemplation m'emplit le coeur d'amour.
Vous m'avez vu cent fois, dans la vallée obscure,
Avec ces mots que dit l'esprit à la nature,
Questionner tout bas vos rameaux palpitants,
Et du même regard poursuivre en même temps,
Pensif, le front baissé, l'oeil dans l'herbe profonde,
L'étude d'un atome et l'étude du monde.
Attentif à vos bruits qui parlent tous un  peu,
Arbres, vous m'avez faire fuir l'homme et chercher Dieu!
Feuilles qui tressaillez à la pointe des branches,
Nids dont le vent au loin sème les plumes blanches,
Clairières, vallons verts, déserts sombres et doux,
Vous savez que je suis calme et pur comme vous.
Comme au ciel vos parfums, mon culte à Dieu s'élance,
Et je suis plein d'oubli comme vous de silence!
La haine sur mon nom répand en vain son fiel ;
Toujours, _ je vous atteste, ô bois aimés du ciel! _
J'ai chassé loin de moi toute pensée amère,
Et mon coeur est encor tel que le fit ma mère!
 
 
Arbres de ces grands bois qui frissonnez toujours,
Je vous aime, et vous, lierre au seuil des antres sourds,
Ravins où l'on entend filtrer les sources vives,
Buissons que les oiseaux pillent, joyeux convives!
Quand je suis parmi vous, arbres de ces grands bois,
Dans tout ce qui m'entoure et me cache à la fois,
Dans votre solitude où je rentre en moi-même,
Je sens quelqu'un de grand qui m'écoute et qui m'aime!
Aussi, taillis sacrés où Dieu même apparaît,
Arbres religieux, chênes, mousses, forêt,
Forêt! c'est dans votre ombre et dans votre mystère,
C'est sous votre branchage auguste et solitaire,
Que je veux abriter mon sépulcre ignoré,
Et que je veux dormir quand je m'endormirai.
 
 
Victor HUGO 
( 1802 - 1885 ) 
 
Les Contemplations - Les luttes et les rêves
 
 
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Victor HUGO, écrivit ce poème en juin 1848.
 
En 1848, Victor HUGO est député modéré à l'Assemblée constituante.
 
1848 - 1849, il se rapprochera de Louis-Napoléon, dont il soutiendra la politique à l'Assemblée législative...pour se séparer de lui fin 1849. Brillant orateur, il prononcera des discours enflammés à l'Assemblée législative contre le Prince-Président.
Après le coup d'Etat du 2 décembre 1851, il devra s'exiler à Bruxelles.
 
Le 9 janvier 1952, un décret l'expulsant du territoire français, il quittera la Belgique pour Jersey le 1er août 1852.
 
 
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4月2日

UN RÊVE ETRANGE

un rêve étrange
 
 
L'autre nuit j'ai rêvé que j'étais un poète
Non pas un rimailleur, un débiteur de vers
Mais un poète, un vrai, comme l'était Prévert
Rimant avec le coeur plutôt qu'avec la tête
 
Mes poèmes d'hiver évoquaient le printemps
L'inaccessible étoile et les ailleurs sublimes
La muse à mes côtés s'enivrait de mes rimes
Et je calquais mes mots sur les couleurs du temps
 
J'avais pour compagnons des écrivains mythiques
Villon, maître du verbe, était le plus brillant
Laforgue méditait, oeil mi-clos souriant
Baudelaire écoutait, solennel et mystique
 
Venu de sa bohème avec ses grands sabots
Un poète maudit me contait ses dérives
Fasciné, j'écoutais d'une oreille attentive
La saison en enfer d'un Dieu nommé Rimbaud
 
Sur les seins de ma muse, une vierge amoureuse
Je promenais mes doigts avides de bonheur
Ses doux gémissements faisaient battre mon coeur
Ses lèvres distillaient des flaveurs savoureuses
 
Sur des nuages d'or je voguais auprès d'elle
L'écho de notre amour remplissait tous les cieux
Ensemble nous suivions l'essor majestueux
D'un légendaire ibis volant à tire d'aile
 
A l'encre de ses yeux aux multiples splendeurs
Ma plume illuminait les lettres et les phrases
Mes verbes traduisaient le bonheur et l'extase
Mais mon rêve pris fin aux premières lueurs
 
Tout à coup je me suis réveillé en pleurant
Quand soudain je sentis le souffle de Verlaine
Qui me disais tout bas d'une voix incertaine
" Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant "
 
 
Marcel FAKHOURY
 
 
 
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Marcel Fakhoury écrivain et poète dauphinois est né à Alexandrie ( Egypte ) en 1936. Installé en France depuis 1959, il est l'auteur d'ouvrages et d'articles historiques.
Je vous invite à découvrir quelques uns de ses poèmes sur ses différents sites.
 
 
IBIS SACRE