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日志


1月17日

AU BORD DU QUAI ( extrait )

mer
 
[ ... ]
 
En cette heure d'immobilité d'or,
Où rien ne bouge au fond du port,
Sauf une voile mal carguée,
Qui doucement remue encor,
Au moindre vent qui vient de mer.
 
La mer ! la mer !
La mer tragique et incertaine,
Où j'ai traîné toutes mes peines !
Depuis des ans, elle m'est celle,
Par qui je vis et je respire,
Si bellement qu'elle ensorcelle
Toute mon âme, avec son rire
Et sa colère et ses sanglots de flots ;
Dites pourrais-je un jour,
En ce port calme, au fond d'un bourg,
Quoique dispos et clair,
Me passer d'elle ?
 
La mer ! la mer !
 
Elle est le rêve et le frisson
Dont j'ai senti vivre mon front.
Elle est l'orgueil qui fit ma tête
Comme de fer, dans la tempête.
Ma peau, mes mains et mes cheveux
Sentent la mer
Et sa couleur est dans mes yeux ;
Et c'est la houle et le jusant
Qui sont le rythme de mon sang !
 
[ ... ]
 
Emile Verhaeren  ( 1855-1916 )
 
                                                        ( Les Visages de la vie )
 
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J'ai quitté la Bretagne depuis un mois...Mes petits-enfants, tant dans l'Essonne que dans les Yvelines, aimeraient que je reste plus longtemps.....mais il va bien falloir que je rentre en Bretagne...La mer, les rochers, les promenades sur le sable ou sur la digue commencent à me manquer...Comme Emile Verhaeren le dit si bien : Pourrais-je un jour me passer d'elles...
 
La Bretagne et la mer  !
 
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1月15日

IVRESSE DE BROCART

Ivresse de brocart
d'Hisako Matsubara 

 

  80056  

 
 
Née à Tokyo, le 21 mai 1935, Hisako Matsubara a fait ses études à Tokyo, aux Etats-Unis et en Allemagne.
Elle a écrit 6 romans et 2 recueils d'essais sur le Japon.
" Ivresse de brocart " roman écrit en 1978 et rédigé en allemand a rencontré un grand succès outre-Rhin.
Traduit en français par Patrick Charbonneau, il fut édité par ACTES SUD en 1997.
 
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Nous sommes au début du XXème siècle, époque où le Japon connaissait des bouleversements et s'ouvrait à la modernité...
 
Le Père des Hayato, grand samourai, n'ayant pas de fils, décide d'accepter Nagayuki comme yoshi ( enfant adopté ) le destinant à porter plus tard le nom d'Hayato et à devenir l'époux de sa fille Tomiko. Dans ce but, cet enfant recevra une éducation de samourai.
 
Après de brillantes études à Tokyo, Nagayuki revient, avec sa jeune femme Tomiko, vivre dans sa belle-famille.
 
On vient de proposer au jeune homme de partir aux Etats-Unis pour le compte d'une importante société japonaise. Cependant le père de Tomiko, dont la sagesse millénaire ne correspond pas à la réalité des temps modernes, va interdire à sa fille d'accompagner son mari. Pour cela, il jouera sur le fait que Tomiko est enceinte..
Le jeune homme part donc seul et se doit de revenir " couvert d'or et de brocart ".
 
 
Tomiko est déchirée entre son attachement aux valeurs du monde traditionnel du Père et son désir d'aller rejoindre son mari aux Etats-Unis...
 
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J'ai beaucoup aimé ce roman qui nous plonge, au début du XXème siècle au Japon, dans un univers très différent du monde occidental.
 
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lecteur_018
 
 
 
 
 
 
 
1月14日

OCEANO NOX

mer
 
Oceano nox
 
Oh  ! combien de marins, combien de capitaines
Qui sont partis joyeux pour des courses lointaines,
Dans ce morne horizon se sont évanouis !
Combien ont disparu, dure et triste fortune !
Dans une mer sans fond, par une nuit sans lune,
Sous l'aveugle océan à jamais enfouis !
 
Combien de patrons morts avec leurs équipages !
L'ouragan de leur vie a pris toutes les pages
Et d'un souffle il a tout dispersé sur les flots !
Nul ne saura leur fin dans l'abîme plongée.
Chaque vague en passant d'un butin s'est chargée ;
L'une a saisi l'esquif, l'autre les matelots !
 
Nul ne sait votre sort, pauvres têtes perdues !
Vous roulez à travers les sombres étendues,
Heurtant de vos fronts morts des écueils inconnus.
Oh ! que de vieux parents, qui n'avaient plus qu'un rêve,
Sont morts en attendant tous les jours sur la grève
Ceux qui ne sont pas revenus !
 
On s'entretient de vous parfois dans les veillées.
Maint joyeux cercle, assis sur des ancres rouillées,
Mêle encor quelques temps vos noms d'ombre couverts
Aux rires, aux refrains, aux récits d'aventures,
Aux baisers qu'on dérobe à vos belles futures,
Tandis que vous dormez dans les goémons verts !
 
On demande : - Où sont-ils ? Sont-ils rois dans quelque île ?
Nous ont-ils délaissés pour un bord plus fertile ? -
Puis votre souvenir même est enselevi.
Le corps se perd dans l'eau, le nom dans la mémoire.
Le temps, qui sur toute ombre en verse une plus noire,
Sur le sombre océan jette le sombre oubli !
 
Bientôt des yeux de tous votre ombre est disparue.
L'un n'a-t-il pas sa barque et l'autre sa charrue ?
Seules, durant ces nuits où l'orage est vainqueur,
Vos veuves aux fronts blancs, lasses de vous attendre,
Parlent encor de vous en remuant la cendre
De leur foyer et de leur coeur !
 
Et quand la tombe a fermé leur paupière,
Rien ne sait plus vos noms, pas même une humble pierre
Dans l'étroit cimetière où l'écho nous répond,
Pas même un saule vert qui s'effeuille à l'automne,
Pas même la chanson naïve et monotone
Que chante un mendiant à l'angle d'un vieux pont !
 
Où sont-ils, les marins sombrés dans les nuits noires ?
O flots, que vous savez de lugubres histoires !
Flots profonds redoutés des mères à genoux !
Vous vous les racontez en montant les marées,
Et c'est ce qui vous fait ces voix désespérées
Que vous avez le soir quand vous venez chez nous.
 
                        Victor Hugo
 
 Ce magnifique et émouvant poème écrit à Saint-Valery-sur-Somme en juillet 1836 est tiré du recueil " Les rayons et les ombres ". Existe-t-il de plus bel hommage que ce poème de Victor Hugo dédié à tous les marins disparus en mer ?
 
 
1月8日

OCEANO NOX

 

La mer si belle et pourtant si cruelle pour ceux qui en vivent...Le 26 janvier 2007 le chalutier " Manureva "sombrait devant le port de Saint Cast, trois morts, un seul survivant. Hier, 7 janvier 2008 " La p'tite Julie ", rattachée au port d'Erquy, faisait naufrage  au large du phare de l'Ile Vierge dans le Finistère, deux morts, quatre disparus, un seul survivant...Le métier de marin-pêcheur est très dur et laisse toujours des familles endeuillées.

Victor Hugo qui a séjourné dans le grand-ouest, Jersey et Guernesey, a écrit un très beau poème  " Oceano nox ".

 J'essaye depuis hier d'écrire ce poème dans mon billet. Ce poème est assez long, et chaque fois que je vais à la ligne...je me retrouve avec deux interlignes...J'ai des problèmes avec l'ordinateur de mon gendre...le 20, je dois me retrouver une semaine à Rambouillet, j'essaierai de publier ce poème depuis l'ordinateur de mon petit-fils, sinon je ferai ce billet à mon retour en Bretagne.

Je vous conseille l'espace perso de Guy31329 qui a écrit un billet en hommage à nos marins disparus en mer...Je suis allée sur son site, mais impossible de laisser un commentaire, il en est de même pour tous mes amis auxquels je n'ai pas pû répondre.

A très bientôt

Daniela